Phobie scolaire : comment préparer son enfant à un premier rendez-vous avec un thérapeute ?

Votre enfant refuse d’aller à l’école, il est peut-être déjà déscolarisé. Pour vous, c’est l’angoisse.

Dernier espoir : la thérapie.

Vous vous êtes renseigné sur ce qui marche, avez questionné des professionnels, des ami·es. Bon, vous êtes convaincu·e pour tenter une TCC.

Vous avez ensuite cherché un professionnel : psychiatre, psychothérapeute, psychologue, psychopraticien ou thérapeute… Comment s’y retrouver là-dedans ? Bon, on verra bien. Finalement, tout ce que vous voulez, c’est que cette situation se termine au plus vite.

Personne ne fait ça près de chez moi. Peut-être en visio. Oui, c’est pas mal, la visio, finalement, comme votre enfant a du mal à sortir de la maison en ce moment…

Vous comparez les tarifs, les différents sites internet, les têtes des thérapeutes.
« Allez, celle-là, elle a déjà été prof, elle me plaît bien. Je prends rendez-vous. »

Et oui, VOUS avez fait tout ce chemin pour venir prendre rendez-vous aujourd’hui avec moi.

Et bien, cela commence déjà à créer l’alliance thérapeutique entre vous et moi.

Mais pendant ce temps, qu’en est-il de votre enfant ?

Lui est déjà plutôt anxieux, donc probablement plutôt dans l’évitement (il évite déjà l’école). Ce sont des enfants qui ont encore plus de probabilité d’éviter les rendez-vous que les autres.

Donc voici quelques petits tips pour mettre toutes les chances de votre côté et qu’il accepte réellement cette première rencontre

  1. Faites le point sur la situation. En ce moment, il ne va plus à l’école : c’est un fait. Listez ensemble les « faits » (pas les interprétations) et demandez-lui de noter ce qui est le plus dur et à quel point, avec une note sur 100 ou sur 10, il aurait vraiment envie que ça cesse. Déjà, c’est intéressant, car parfois c’est le parent qui veut que la situation cesse, mais pas l’enfant. Dans ce cas, il va falloir chercher avec lui pourquoi cette situation ne le dérange pas tant que ça.
  2. Ensuite, s’il semble convaincu qu’il faut que la situation cesse, c’est gagné : vous pouvez passer à l’étape suivante. Sinon, si vous êtes vraiment convaincu·e qu’il faut qu’il entame une thérapie et lui pas trop (mais qu’il n’y est pas fermement opposé. On n’obtient rien d’un ado complètement contre son gré), alors vous pouvez tenter un compromis : « OK, en ce moment, tu ne peux pas aller à l’école, c’est trop pour toi. Je ne me battrai plus avec toi sur ce point. Mais dans ce cas, tu acceptes de suivre une thérapie. Ce qui signifie que si tu ne suis pas la thérapie, je vais recommencer à exiger que tu ailles à l’école et la tension à la maison va à nouveau remonter. » Ce n’est pas « forcer un enfant » : forcer, c’est ne lui proposer aucun choix. Là, il a le choix. Et il peut comprendre que les relations doivent être gagnant-gagnant.
  3. Enfin, quand il veut sincèrement suivre une thérapie, le mieux reste encore de faire toutes les recherches avec lui. Mais si vous avez déjà un avis, reprenez un peu les recherches et montrez-lui comment vous en êtes venu à ce choix. Montrez-lui des photos du thérapeute, son discours, regardez le site du professionnel ensemble, discutez de ce qu’il propose, de la méthode. Expliquez-lui comment vous pensez que les séances vont se passer. Demandez-lui de quoi il a peur, s’il a besoin de précisions. N’hésitez pas à noter toutes ses questions pour les poser au thérapeute par téléphone ou par e-mail, par exemple, avant de prendre rendez-vous.
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