Mon enfant ne veut plus aller à l’école : que faire quand chaque matin devient un combat ?

Votre enfant pleure le dimanche soir.
Le lundi matin est une crise.
Maux de ventre, nausées, larmes, colère, silence.

Et vous, vous oscillez entre inquiétude, agacement, culpabilité et impuissance.

Quand un enfant refuse l’école, ce n’est pas seulement un problème scolaire.

Toute la famille entre en tension. Les matins deviennent explosifs, la culpabilité envahit les parents.

L’école devient le centre de la maison.

Et plus la pression monte… plus l’enfant se sent incapable.

C’est un cercle vicieux.

Voici quelques conseils à mettre en place et quelques attitudes à éviter quand cela se produit.

Pourquoi un enfant refuse soudainement l’école ?

Contrairement à ce que l’on croit, ce n’est presque jamais de la “comédie”.

Dans la majorité des cas, on retrouve :

  • anxiété scolaire
  • peur de l’échec
  • peur du regard des autres
  • harcèlement
  • hypersensibilité
  • pression de performance
  • difficulté relationnelle
  • changement familial (séparation, naissance, déménagement)

Parfois cela peut évoluer vers une phobie scolaire.

Mais attention :
le refus scolaire n’est pas un caprice. C’est souvent un signal d’alarme émotionnel.

Que faire concrètement ?

1 – Valider l’émotion sans valider l’évitement
“Je vois que c’est très difficile pour toi.”
Mais pas :
“Bon, n’y va pas.”

2 – Comprendre la peur précise
Ce n’est pas “l’école” en général.

C’est :
> la récréation ?
> la maîtresse ?
> les contrôles ?
> un camarade ?
> la séparation ?
On cherche la peur spécifique.

4 – En parler à l’équipe éducative et en priorité la maitresse.
Avec bienveillance, même et justement surtout si c’est « la maitresse » qui fait peur à l’enfant. La plupart du temps, ce sont des incompréhensions, des non-dits qui cristallisent le problème. Les maitresses ont le même but que vous à priori : le bien de l’enfant.

5 – Si l’enfant est déjà descolarisé : mettre en place des expositions progressives
L’objectif n’est pas le retour parfait immédiat.
C’est :
une heure, puis une matinée,
puis deux jours.
Progressif. Structuré. Accompagné.

6 – Travailler la sécurité parentale

Un enfant anxieux a besoin d’un parent régulateur.
Mais quand vous êtes vous-même épuisé(e), inquiet(e), en colère…
il le sent.
Accompagner un refus scolaire, c’est aussi soutenir les parents.

Ce qu’il faut éviter (même si c’est tentant)

Quand la tension monte, les parents oscillent entre deux réactions :

❌ Forcer brutalement
“Tu iras et c’est tout.”
Effet : l’angoisse augmente → le symptôme s’aggrave.

❌ Laisser totalement tomber
“Bon, reste à la maison…”
Effet : le soulagement immédiat renforce l’évitement → le retour devient encore plus difficile.
Le cerveau apprend très vite :
“Si j’évite, je me sens mieux.”

C’est exactement le mécanisme que nous travaillons en Thérapie cognitivo-comportementale.

Mon approche

Ancienne élève harcelée, je m’évanouissais lors des exposés. Par la suite, je suis devenue…Professeure des écoles. Là, plus le choix que de rester debout devant toute la classe ! Enfin, aujourd’hui je suis thérapeute en TCC spécialisée autour du milieu scolaire.

J’accompagne les familles lorsque l’école devient une source d’angoisse, de conflits ou d’épuisement.

Mon travail consiste à :

  • comprendre précisément le mécanisme anxieux
  • construire un plan de retour progressif
  • aider les parents à retrouver une posture sécurisante
  • restaurer un climat familial apaisé

Vous n’êtes pas seuls

Un enfant qui refuse l’école n’est pas un enfant capricieux.
C’est un enfant en difficulté.

Et un parent dépassé n’est pas un mauvais parent.

Ensemble, nous pouvons remettre du calme là où il n’y a plus que de la tension.

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